Charles Matton, à un détail près

Charles Matton était un artiste patient et méticuleux. Au lieu de prendre des photos comme vous et moi, il s’appliquait à reproduire des pièces de vie à l’identique, mais en miniature. Source texte, Loyola Ranarison (http://www.lepetitjournal.com/londres) vendredi 23 septembre 2011 à l’occasion d’une rétrospective à la galerie All Visual Arts ; source photos : charlesmatton.com

Conçue comme un labyrinthe, l’exposition nous fait traverser le temps, à la rencontre d’endroits qui ont fasciné Matton : le bureau de Sigmund Freud, le studio de Francis Bacon, la bibliothèque de l’Université de New-York… plus d’une trentaine de boîtes sont ainsi exposées, et autant de mondes reconstitués. L’illusion est parfaite.

On y trouve aussi des lieux tout droit sortis de l’imagination de l’artiste : juste avec des objets, il réussit à retranscrire le sentiment d’intimité devant un lit défait ou la solitude au bord d’une piscine silencieuse au milieu de la nuit. Charles Matton a veillé à chaque détail avec minutie : le journal Le Monde posé à terre, la télévision encore allumée ou des photographies accrochées au mur. Sans aucune présence humaine visible, on devine les habitants de ces boîtes et on les imagine dans leur quotidien.

Au travers d’une vitre ou d’un miroir

Charles Matton joue aussi beaucoup avec les lumières et les miroirs. Certaines salles donnent une impression de profondeur et l’œil s’y méprend avec plaisir. Plusieurs boîtes comme le loft de New-York ont des fenêtres sur les côtés, comme de vrais appartements. On peut alors changer de point de vue en observant la pièce depuis « l’extérieur ».

Dans cette exposition, on peut également admirer des photographies et des sculptures de Charles Matton, qui viennent ajouter à la dimension poétique de l’ensemble.

Hommage à un amoureux des images

Il faut vraiment s’imaginer l’artiste en train de construire chaque pièce : plus que de la patience, il y a mis son cœur en prenant soin de veiller à chaque couleur et chaque objet pour renforcer le réalisme. Pour preuve, la cave à vins avec toutes ses bouteilles ou encore la bibliothèque avec tous ses livres, qui ont dû demander chacune des heures entières de travail.

D’origine parisienne, Charles Matton était un visionnaire et un véritable passionné d’images : tout à tour peintre, sculpteur, photographe, dessinateur et réalisateur, il se plaisait à construire ces mini-décors pour l’aider dans son travail. C’est en 1987 que le Palais de Tokyo expose ses reconstitutions, lui assurant ainsi la reconnaissance internationale. Il exposera par la suite au Japon, aux Etats-Unis et dans de nombreux musées français. Charles Matton s’est éteint en 2008.

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