Les « Ice Huts » de Richard Johnson

La cabane de pêcheur m’est toujours une belle inspiration, mais… l’hiver approche et me fait souvenir de ma seconde patrie dont je garde la citoyenneté : le Canada…

L’artiste torontois Richard Johnson immortalise ces traditionnelles cabanes que construisent les pêcheurs sur l’eau gelée des lacs, un peu partout au Canada. Remplacées trop souvent aujourd’hui par des abris achetés « prêts-à-construire », elles utilisaient souvent des matériaux de récupération pour refléter le caractère, la créativité, le sens de la débrouille et de l’improvisation, et le sens pratique de leur(s) occupant(s). Des qualités à retrouver et cultiver en ces temps de (re) confinement…

site du photographe : http://www.richardjohnson.ca

« Maisons du splendide isolement » : le problème du socle

Car les cabanes doivent bien reposer sur quelque chose, si possible d’un peu massif pour lester leur légèreté, les aider à garder les pieds sur terre et les dissuader pour l’heure de larguer les amarres…

 

L’idée initiale de socles tous cubiques et identiques dans leur dimension (30x30x30cm) ne s’est pas révélée satisfaisante : comme toujours, ce n’est pas généraliser qui convient mais plutôt différencier et particulariser. Tailler donc dans le vif des socles construits – plaisir de retrouver des gestes énergiques de sculpteur ! – pour exprimer de la matière et des reliefs. Constat : pas facile de trouver l’adéquation entre cabane et support. Donc les deux dernières maisons qui semblaient d’ailleurs en instance de décollage… n’auront pas de socle.

 

Un isolement toujours plus splendide…

… des pilotis qui montent, montent.

Retrouver la forme la plus simple de la maison, murs, porte, fenêtre(s), toit.
Des maisons qui se sont prises au jeu – et ont pris l’actualité au mot, finalement accommodées à leur confinement – s’éloignent du sol et tendent vers le ciel. Mais ce n’est pas encore l’heure de s’envoler ni de larguer les amarres. Un peu casse-gueule, attention à la chute et aux défauts de construction !
Resté(s) en bas ? Monté(s) en haut ? Trop tard, plus d’escalier ni d’échelle, va falloir assumer…

Les « maisons du splendide isolement* » se déconfinent…

… et s’exposent le samedi 29 août dans leur bonne ville de Melle, en l’église Saint-Savinien, et dans le cadre de la Nuit de Saint-Hilaire 2020.

Exposition Nuit de Saint-Hilaire 2020 © Jean-Marc Plumauzille

L’église Saint-Savinien est un lieu qui a une histoire… aussi en matière de confinement : plus ancienne des 3 églises de Melle, désacralisée, elle servit pendant plus d’un siècle de prison (!)… heureusement lavée de tous ces péchés par les émotions musicales du Festival de Melle qu’elle abrite tous les mois de juin depuis 50 ans…

L’exposition sera librement mise en musique par la violoniste Elina Kuperman, remarquée entre autre comme premier violon à l’Opéra de Limoges. Trois interventions musicales d’une demi-heure chacune, à 15h30, 16h30, 17h30. Trois autres interventions se dérouleront simultanément dans deux autres lieux de Melle, l’espace Goirand, l’église Saint-Hilaire.

Nuit de Saint-Hilaire 2020 recto © 2020 Ville de MelleNuit de Saint-Hilaire 2020 verso © 2020 Ville de Melle

Une date incontournable sur vos agendas : le 29 août 2020, à partir de 15h30.

La Nuit de Saint-Hilaire 2020 sur le site de l’Office du Tourisme du Pays Mellois

 

* La maison du splendide isolement est le titre français d’un livre de Edna O’Brien : House of Splendid Isolation

« Cabanes » et « baraques » de confinement prêtes au mouvement…

Perspective de « dé-confinement » oblige, se préparer à l’idée retrouvée du mouvement…

… les nouvelles baraques et maisons du splendide isolement vont devoir devenir plus mobiles, se dotant donc de roues. Autre innovation : les pilotis des cabanes devenant de plus en plus élevés, entrée en scène de grues évitant de s’user les gambettes à monter les courses dans les labyrinthes d’échelles et escaliers.

Les « carrelets », « cabanes » et autres « baraques » au temps du coronavirus…

Plus trop de visibilité quant aux expos qui se tiendront ou non…

…qu’importe, beaucoup d’entre nous affrontent des situations bien plus graves. Temps de crise et confinement, c’est un repli sur soi et un retour à l’atelier pour apprécier cette chance d’avoir un « art » permettant de laisser fluer l’énergie et traduire angoisses et espoirs… L’inspiration ne se tarie pas pour ces microcosmes dérivés des cabanes de pêcheurs – légères et aériennes en contraste avec les lourds « cubes » des supports leur servant d’assise – devenant des allégories de confinement. Deux derniers modèles, le style « splendide isolement » (référence à un livre de Edna O’Brien), cabane full-equipped, autonome en eau et électricité, pour confiné/ermite un peu farouche et un modèle plutôt « tout le monde sur le même bateau », regroupement de cabanes qui se blottissent pour affronter la tempête, un peu à l’image de cet ehpad de Mansles où le personnel choisissait de se confiner avec les pensionnaires…

Premiers « carrelets » et « cabanes de pêcheur »

La perspective de ma participation proche (fin avril…) au « Printemps de l’Orangerie » de La Mothe-St-Héray active l’imagination avec un certain sentiment d’urgence, et un mélange certain d’excitation et d’anxiété…

Comme souvent, c’est un peu l’analogie de la mine qui s’impose ; remuer de la roche un peu en vain jusqu’à tomber sur une « veine » à exploiter. Bon, ici la roche remuée – bouts d’architectures, boutes de textures, morceaux de machins – ne sert jamais à rien ; mise soigneusement de côté elle peut renfermer des pépites à dégager. La veine actuelle s’est dégagée avec l’image des « carrelets », petites cabanes sur pilotis utilisées par les pêcheurs pour jeter leur filet.

Bien sûr comme toute idée ou croquis, ça n’est qu’une idée de départ, la mise en route du moteur. Ensuite, comme toujours, c’est le jeu des mains et du matériau qui décide et aboutit… quelque part. En route, d’autres inspiration s’en(m-)mêlent, manières de palais vénitiens, réservoirs d’eau new-yorkais, grues de port… la cabane s’éloigne quelque peu du standard charentais, les pilotis se démesurent, les escaliers se multiplient, les « water towers » new-yorkaises – ces typiques réservoirs d’eau au sommet des immeubles – s’imposent, de nouveaux thèmes comme les éoliennes apparaissent…

Bref – anticipation de nos époques épidémiques ? – les cabanes deviennent des microcosmes autarciques…

Et pour contrer un en-vol définitif des idées et des « cabanes » vers le ciel, les amarrer à des socles massifs, presque cubiques, empilements de carrés de carton. La testa nelle nuvole, ma i piedi piantati sulla terra…

A suivre !

En chemin vers le Printemps de l’Orangerie…

Très beau week-end à Ardin,

dont je louerai longtemps le sens de l’accueil et de la convivialité ! De belles rencontres, aussi avec mes confrères artistes présents…

Le travail reprend avec une certaine pression et une excitation certaine dans la perspective de l’exposition à l’Orangerie de La Mothe-Saint-Héray (vernissage le 24 avril 2020). La machine à idées s’emballe, des thèmes se construisent : sur le point de départ des carrelets (cabanes de pêcheurs), des microcosmes sur pilotis, et bien d’autres idées encore. Mais les idées courent plus vite que leur concrétisation !

Donc à suivre…

Les maisons de carton s’exposent…

… à Ardin dans les Deux-Sèvres,

les 14, 15 et 16 février 2020, au Nord de Niort et près de Coulonges-sur-l’Autize, à l’invitation d’une mairie active et amoureuse des arts. Au plaisir de vous y (re) voir !