« Maison Très Haute #2 », construction

Un résultat quelque peu… baroque, non ?
Ce nouveau « gratte-ciel » culmine à 116cm (bon, même pour un « gratte-plafond » il reste encore un peu de marge…). Le plaisir, le jeu des yeux et des mains. Paris ? Un peu oui, quelque chose dans tout le haut de l’immeuble, le toit, les cheminées. Pour le reste, des références géographiques pas forcément identifiables.

Un résultat inattendu — c’est bien ça qui est intéressant ! — qui me laisse perplexe, et m’interroge quant à ce qu’il faut faire ensuite : enduits/pas enduits ? peinture / pas peinture ? Il faudra en tous cas avancer avec précaution pour ne pas gâcher la matière, les textures, les couleurs, et les laisser bien sûr transparaître dans l’objet final.
La maison va donc se reposer un peu… Au suivant !

« Maison Très Haute # 2 », esquisses et inspirations

La « Maison Très Haute # 1 » est au repos, attendant — avant que son architecture ne soit « figée »  dans les colles, plâtres et enduits — de voir si elle a dit tout ce qu’elle avait à dire. La # 2 qui sera probablement une sorte de « tour jumelle » est donc à l’esquisse et aux prémisses de sa construction.

Des « Maisons Très Hautes » qui ne sont pas sans me rappeler — en plus des multiples influences déjà évoquées — certaines anciennes illustrations des années 90… À croire qu’on passe son temps à toujours faire la même chose (!).

Retour d’un motif récurrent : le phare

Me reviennent alors à l’esprit ces multiples variations d’un thème toujours présent au fil de mes « périodes artistiques », celui du phare et de son faisceau lumineux balayant l’horizon. Des phares à l’encre, à la peinture, en collages, constructions diverses, carton, branchages et plâtre. Des tours et à leur sommet des points de lumière.  Une fascination née dès l’enfance des tableaux de Edward Hopper dans les cours de la Famous Artists School… Peut-être pour les actuelles « Maisons Très Hautes » une évolution possible  ?

« Maison Très Haute # 1 », construction

Une création un peu inattendue et étrange — quelle création ne l’est pas ? — et comme je vous le disais à la croisée de plusieurs influences. Initialement « Maison Haute # 1 », elle devient « Maison Très Haute # 1 » et sa plus grande cheminée culmine à 1 mètre. Beaucoup de joie et d’excitation à utiliser le carton de façon plus libre — déchiré plutôt que coupé, détrempé, empilé, tordu, et les « chutes » sont un vrai trésor… Liberté aussi de ne pas devoir suivre de façon trop stricte une architecture existante, même si les modèles plus « réalistes » me contraignent à la rigueur et font en quelque sorte office de « gammes ».

Picasso disait en substance (je crois !) qu’après avoir prouvé très jeune qu’il savait peindre comme Vélazquez, il avait été ensuite libre de faire ce qu’il voulait. Son interprétation des « Ménines » n’est pas le moindre hommage à  son illustre prédécesseur à travers sa propre liberté de création — une liberté chèrement acquise au prix de l’incompréhension et de la solitude, il faut s’en rappeler.

Loin de moi la prétention de vouloir me comparer à mon maître catalan — dont l’influence devait rester si prégnante après la lecture lumineuse du « Conversations avec Picasso » de Brassaï. Mais c’est un tout petit peu pareil : après avoir prouvé (surtout à moi-même !) que je pouvais reproduire un Paris un peu réaliste, je me sens libre de le réinterpréter dans une vision plus personnelle…

Alors, à suivre !

Vers plus d’imaginaire : la « Maison Très Haute # 1 »

Mes recherches actuelles vers le retour à  l’expressivité du carton, initiées par la Maison Haute # 1 se poursuivent avec l’élaboration en cours d’une « Maison Très (!) Haute # 1 ». Il s’agit — comme le nom semble le suggérer — d’un immeuble tout en hauteur (95 cm). Avec déjà en ligne de mire une déclinaison possible… et l’expatriation cartonnesque un jour vers les gratte-ciel de New York ? Ha ha ! Hubris dans le carton, on aura tout vu.
Un aperçu du premier état.

Maison Haute # 1

Étrange, non ? Bon, c’est loin d’être fini… La tendance semble donc pour l’instant privilégier l’imaginaire à une retranscription plus « réaliste » de l’habitat parisien. Mais il y a quand même du Paris là-dedans (le haut de l’immeuble et le toit, vous verrez…) ! La chose qui se façonne est au confluent d’influences multiples. Les « maisons volantes » de Laurent Chéhère (mais cette maison-ci ne flotte pas…), les invraisemblables structures architecturales de Sylvain Corentin, ma passion très ancienne pour les phares, qui trouvait un premier aboutissement il y a une dizaine d’années dans la production des « phares en carton » de l’Île-du-Prince-Edouard au Canada, et même l’étrange établissement de bains du Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki…

Bien évidemment les maquettes de Paris plus « réalistes » ne sont pas abandonnées, mais « il faut suivre les chemins de l’énergie et les mouvements du balancier » (hum, un peu trop philosophique tout ça, arrêter le vin ou passer à autre chose). Disons que le jeu moins contraint des mains et du matériau est plus excitant…

Ces nouveaux objets privilégient aussi l’usage de matériaux moins nocifs pour l’environnement (mais on ne peut pas tout maîtriser, entre autre les colles et encres contenues dans le carton). Avec, après les enduits et gesso fabriqués maison sur les conseils du maître Xavier de Langlais,  la découverte — enfin ! — d’une colle à bois à prise rapide Briançon via le site de matériaux écologiques Kenzai (vive les Auvergnats !). Bientôt des « maisons en carton biodégradables », histoire d’être fidèle à cette philosophie indienne voulant qu’on doit s’efforcer de « vivre et mourir en laissant le moins de traces possible »…

Album photos de la construction à suivre ! … bientôt 😉

Jeux du soleil sur plâtre et carton

Suite du précédent article consacré à la « mise en plâtre » de la Maison Haute # 1. Le plaisir des matières et de la lumière, celui aussi de découvrir « après coup » l’objet fabriqué grâce à la distance donnée par la photo.
(Les mauvaises langues diront que je documente photographiquement des étapes que mon manque de soin et/ou de talent risque de détruire dans la suite du processus de fabrication !!)

« Maison Haute # 1 », plâtre

Dans le même esprit de « redécouverte du matériau » qui prévaut dans cette nouvelle gamme initiée avec la « Maison Haute # 1 », il importe évidemment que chaque étape vienne ajouter plus que retrancher à la précédente. Le plâtre par exemple avait tendance à couvrir et finalement cacher le carton. Il doit maintenant être appliqué de façon moins systématique, exister pour lui-même dans une sorte de dialogue avec le carton (oui, oui, je vous assure, et je n’ai rien bu… pour l’instant). Avantage là aussi de ce parti-pris : les « accidents » sont souvent intéressants ; beaucoup moins poncer pour éviter de détruire la texture du plâtre…

 

« Maison Haute # 1 », construction

Nouvelle approche des « maisons en carton parisiennes », la Maison Haute # 1 — inspirée par une photo de Laurent Chéhère — répond au besoin de retrouver le matériau, de créer un objet qui existe par lui-même et pas seulement pour la fidélité à ce qu’il représente. Un objet peut-être moins « anecdotique » que les immeubles précédemment réalisés et qui se rapprocherait de la sculpture. Et puisque le carton permet la fabrication d’objets de grande taille relativement légers, cette maison mesure 80 centimètres de haut. En attendant d’autres Maison Hautes et peut-être une série de « Maisons Très Hautes » qui pourraient avoisiner en hauteur 1 mètre 20 ou 1 mètre 40…

Pour cette Grande Maison # 1, il va aussi s’agir de renouer dans la mesure du possible avec des techniques plus nobles et moins « polluantes ». Bannir acryls et vynils pour retrouver l’usage par exemple de la colle de peau et d’un gesso maison… La colle de peau est bien utile : tiède, elle « détrempe » le carton et sèche bien plus lentement qu’une colle vinylique, entraînant une certaine déformation du matériau. Reprendre donc quelques leçons en me plongeant dans les recettes de ma lointaine bible, « La technique de la peinture à l’huile » de Xavier de Langlais…

À suivre !

« Grande Maison #1 » : changer de cap, retrouver le matériau

C’est un problème récurrent de mes « maisons en carton ». Le matériau n’est pas visible, trop peu exploité dans sa forme, sa « maniabilité », sa texture. Découpé, collé, pas assez déchiré, tordu. Dans les « maisons » de Montréal, il était recouvert — caché ? —  par les enduits, les dessins et l’épaisse couche de couleurs acryliques. Peut-être parce qu’une matière d’aspect trop brut ne « collait » pas au style très coloré et « cartoon » d’alors.
Pourtant, travailler le carton pour moi c’est d’abord renouer avec ma « jeunesse artistique », avec ces anciens tableaux où (p)rimaient liberté, plaisir et bricolage…

carton, papier, ficelle - 1992

Retour en France et recréation des « maisons », cette fois parisiennes. Dès le début, il y avait une volonté de montrer davantage le matériau. Hum, quelques ondulations transparaissent bien ici et là mais… peut mieux faire. Donc, continuer à travailler, en attendant que le changement vienne de lui-même. Chercher à retrouver l’excitation de l’œil et et le jeu des mains – jeu de vilain ! — avec le matériau.

Les si belles réalisations de l’amie et collègue Marie Jo Gustave m’interrogeaient depuis longtemps. Car là le carton ondulé existe pour lui-même, la beauté des objets naît d’une utilisation assumée de ses formes, de ses textures, de ses couleurs. Pas d’écran à part peut-être celui d’un vernis ? entre la matière et le spectateur.

La découverte des photographies de Laurent Chéhère et de ses « Flying Houses » m’interpellait ; des immeubles simples, « flottants ». Pour moi un clin d’œil aux maisons de Montréal et du Québec : la plupart étaient « coupées en deux » avec un petit trou à l’arrière, destinées non pas à être posées sur un meuble mais à être accrochées à un mur sur lequel elles semblaient en quelque sorte librement… « flotter ».

Alors, parallèlement aux commandes en cours, le projet d’un « autre » immeuble est à l’étude, « Grande Maison #1 ». Simple dans sa forme, « coupé en deux » pour pouvoir « flotter » sur un mur ; reproduit à une plus grande échelle pour que les accidents et défauts du carton subsistent et participent à une texture globale de l’objet….
…et déjà le plaisir et l’excitation sont là, le matériau revit ! Moins de traits tracés à la règle ; laisser exister les hasards, les accidents, les repentirs ; garder sur la table de travail toutes les chutes de carton, pour le plaisir de l’œil et parce qu’elles sont un beau réservoir à idées.

Bien sûr si l’objet est satisfaisant, cette nouvelle orientation impliquera d’autres choix dans les étapes suivantes, plâtre, enduits, mise ou non en couleur qui toutes devront ajouter et non retrancher… Bon, chaque chose en son temps.

À suivre !

 

À venir, « Maison de M. Hulot » et « Toits de Paris #2 »

Les deux projets en cours.
Le pittoresque immeuble — véritable « cabane urbaine » — de Monsieur Hulot dans le film Mon Oncle de Jacques Tati (1958). Un immeuble qui a déjà inspiré nombre d’artistes. Voyez par exemple une interprétation en papiers découpés de Stéphanie Miguet.
Et un ensemble de toits de Paris, pour l’instant sobrement intitulés « Toits de Paris #2 » en attendant de retrouver traces du photographe et de l’endroit précis …
À suivre donc !

Maison Hulot 01

« 66, rue des Dames », plâtre et gesso

Étape passionnante, recouvrir en partie le carton de la construction, et ajouter les petits détails qui donnent de la vie et allègent le côté un peu massif de ce modèle, comme les mitrons des cheminées qui s’élancent multiples vers le ciel comme les tuyaux d’un orgue.
Un modèle « prêt à peindre »… mais on attendra un peu qu’il se repose. À suivre !