« Petite ceinture, Paris 12ème » (étape carton)

Dernier modèle réduit, inspiré mais de façon éloignée des immeubles qui se pressent devant le balcon de mon atelier provisoire du boulevard Poniatowsky, de l’autre côté des voies ferrées rouillées de la petite ceinture. On notera l’allure assez massive et carrée (due probablement à la découverte de nouveaux outils, la «règle» et l’«équerre»), contrebalancée par un toit très cheminesque*. Ici pas d’immeubles de guingois ; normal puisque les immeubles concernés sont relativement plus récents, datant du début des années 1900.

L’avant de l’immeuble ne m’ayant pas du tout inspiré, c’est uniquement le côté «cour» qui est reproduit, ce modèle n’a donc pas de verso. Dimensions : largeur 55 cm ; profondeur 21 cm ; hauteur 40 cm. Du fait des dimensions qui augmentent (et me laissent entrevoir la possibilité un jour de pouvoir habiter dans mes propres créations si je deviens SDF), on notera une certaine abondance de détails : croisées de fenêtres, lanterneaux par exemple.

* cheminesque, adj : se dit d’un toit qui par ses nombreux éléments (cheminées mais aussi lanterneaux, lucarnes, corniches, mitrons, etc.) invite au cheminement du corps, de l’œil ou de la pensée. (DicoPlumo)

Interruption temporaire. Probable prochain épisode : tests de colle de farine ou de riz, d’enduits au fromage blanc ou à la caséine, enduit à la colle de peau et à la chaux éteinte, peinture à l’oeuf, etc. Une drôle de cuisine…  À bientôt !

Evol : la « maison en carton » berlinoise ?

 

Une belle inspiration que me donne Christine Michel. Éloigné de mes recherches actuelles tant par la technique que par l’inspiration architecturale, le travail d’Evol conforte un parti-pris : contrairement au « maisons en carton » de Montréal, celles de Paris ne doivent pas cacher les matériaux mais plutôt les mettre en valeur.

 

Pas de construction en relief ici, mais l’utilisation du matériau comme support avec ses défauts, ses découpes, ses salissures, ses marquages, ses bouts de ruban adhésif. Evol utilise les techniques de la sérigraphie et du pochoir avec leurs à-plats successifs pour ouvrir dans le carton des portes et des fenêtres, et le transformer en façades d’immeubles ou en bouts de rues. Une belle adéquation avec le matériau et sa couleur puisque l’artiste s’inspire des barres d’immeubles de l’ancienne RDA.


Les pochoirs d’Evol ne s’appliquent pas qu’au carton, ses immeubles en réduction surgissent un peu partout dans la ville, habillant des compteurs électriques, des blocs de béton, colonisent des espaces abandonnés pour créer une véritable ville miniature.

 

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