« Maison Très Haute # 1 », construction

Une création un peu inattendue et étrange — quelle création ne l’est pas ? — et comme je vous le disais à la croisée de plusieurs influences. Initialement « Maison Haute # 1 », elle devient « Maison Très Haute # 1 » et sa plus grande cheminée culmine à 1 mètre. Beaucoup de joie et d’excitation à utiliser le carton de façon plus libre — déchiré plutôt que coupé, détrempé, empilé, tordu, et les « chutes » sont un vrai trésor… Liberté aussi de ne pas devoir suivre de façon trop stricte une architecture existante, même si les modèles plus « réalistes » me contraignent à la rigueur et font en quelque sorte office de « gammes ».

Picasso disait en substance (je crois !) qu’après avoir prouvé très jeune qu’il savait peindre comme Vélazquez, il avait été ensuite libre de faire ce qu’il voulait. Son interprétation des « Ménines » n’est pas le moindre hommage à  son illustre prédécesseur à travers sa propre liberté de création — une liberté chèrement acquise au prix de l’incompréhension et de la solitude, il faut s’en rappeler.

Loin de moi la prétention de vouloir me comparer à mon maître catalan — dont l’influence devait rester si prégnante après la lecture lumineuse du « Conversations avec Picasso » de Brassaï. Mais c’est un tout petit peu pareil : après avoir prouvé (surtout à moi-même !) que je pouvais reproduire un Paris un peu réaliste, je me sens libre de le réinterpréter dans une vision plus personnelle…

Alors, à suivre !

Vers plus d’imaginaire : la « Maison Très Haute # 1 »

Mes recherches actuelles vers le retour à  l’expressivité du carton, initiées par la Maison Haute # 1 se poursuivent avec l’élaboration en cours d’une « Maison Très (!) Haute # 1 ». Il s’agit — comme le nom semble le suggérer — d’un immeuble tout en hauteur (95 cm). Avec déjà en ligne de mire une déclinaison possible… et l’expatriation cartonnesque un jour vers les gratte-ciel de New York ? Ha ha ! Hubris dans le carton, on aura tout vu.
Un aperçu du premier état.

Maison Haute # 1

Étrange, non ? Bon, c’est loin d’être fini… La tendance semble donc pour l’instant privilégier l’imaginaire à une retranscription plus « réaliste » de l’habitat parisien. Mais il y a quand même du Paris là-dedans (le haut de l’immeuble et le toit, vous verrez…) ! La chose qui se façonne est au confluent d’influences multiples. Les « maisons volantes » de Laurent Chéhère (mais cette maison-ci ne flotte pas…), les invraisemblables structures architecturales de Sylvain Corentin, ma passion très ancienne pour les phares, qui trouvait un premier aboutissement il y a une dizaine d’années dans la production des « phares en carton » de l’Île-du-Prince-Edouard au Canada, et même l’étrange établissement de bains du Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki…

Bien évidemment les maquettes de Paris plus « réalistes » ne sont pas abandonnées, mais « il faut suivre les chemins de l’énergie et les mouvements du balancier » (hum, un peu trop philosophique tout ça, arrêter le vin ou passer à autre chose). Disons que le jeu moins contraint des mains et du matériau est plus excitant…

Ces nouveaux objets privilégient aussi l’usage de matériaux moins nocifs pour l’environnement (mais on ne peut pas tout maîtriser, entre autre les colles et encres contenues dans le carton). Avec, après les enduits et gesso fabriqués maison sur les conseils du maître Xavier de Langlais,  la découverte — enfin ! — d’une colle à bois à prise rapide Briançon via le site de matériaux écologiques Kenzai (vive les Auvergnats !). Bientôt des « maisons en carton biodégradables », histoire d’être fidèle à cette philosophie indienne voulant qu’on doit s’efforcer de « vivre et mourir en laissant le moins de traces possible »…

Album photos de la construction à suivre ! … bientôt 😉